
Entre 1500 et 3000 personnes étaient réunies à Bordeaux lors de la marche pour le climat de ce samedi 26 septembre 2026 selon les organisateurs de la mobilisation. Citoyens, militants et syndicalistes étaient au rendez-vous pour faire entendre leur voix.
Sous la chaleur qui persiste en cette fin septembre, la foule présente pour la marche pour le climat avance lentement mais sûrement au son des tambours et des voix sur le cours Victor Hugo à Bordeaux en direction de la place des Quinconces. De nombreux manifestants brandissent des pancartes avec des slogans et des dessins, d’autres donnent le ton à l’aide de leurs tambours ou d’enceintes portatives.
Le climat, une problématique « reléguée au second rang »
« Je pense qu’il faut se battre collectivement contre les problèmes climatiques et le gouvernement doit prendre au sérieux ces questions parce qu’il n’y a aucune mesure réelle. Des besoins il y en a, des réponses, il n’y en a pas, de l’argent il y en a mais malheureusement il est mis ailleurs », lance Manu, membre de la CGT. Lui et ses collègues sont d’ailleurs venus en nombre à en croire les banderoles et drapeaux ornés du logo du syndicat.
L’approche des élections présidentielles de 2027 est effectivement dans toutes les têtes car intimement liée aux questions sociétales et écologiques. « C’est important de montrer qu’on se mobilise même si on sait que les manifestations ont un impact limité. On appelle tous les candidats à s’engager pour le climat », explique Adrien, lycéen qui habite à Bordeaux accompagné de ses amis. À leur jeune âge, comme tant d’autres, ils ont décidé de se joindre à la foule présente pour marquer les esprits sur la question climatique.

Ailleurs, dans la longue foule qui parcourt les rues de la ville, un homme brandit une pancarte : « Qui aurait pu prédire ? ». Une référence claire à un discours d’Emmanuel Macron en 2022 qui évoquait la crise climatique. « Cette phrase est représentative de la classe politique parce que de nombreux dirigeants ont d’autres intérêts ou sont bloqués par d’autres enjeux et ce n’est pas forcément un déni du changement climatique mais on a l’impression que c’est une problématique qui est reléguée au second rang », détaille le manifestant. Il se félicite aussi de voir autant de personnes mobilisées contre des projets différents unies dans une seule et même marche.
Des projets qui impactent l’environnement
Car les sujets environnementaux sensibles ne manquent pas dans le coin : ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse-Dax, ferme à saumons au Verdon, raffinerie de cobalt et de nickel entre Parempuyre et Blanquefort, surf park à Canéjan… « Tous ces projets empiètent sur la faune et la flore. On ne peut pas ignorer le lien entre ceux-ci et les bouleversements climatiques », poursuit-il.

Assise sur son vélo, Trisa, membre de l’association Stop LGV Bordeaux Métropole, distribue des tracts pour sensibiliser vis-à-vis de la lutte contre ce grand projet qui, selon elle, est un non sens financier en plus d’avoir un impact sur l’environnement. « La LGV nous est vendue par la région et les concessionnaires pour un report modal de l’avion et de la voiture mais nous on n’y croit pas. On a calculé et la Cour des comptes et le conseil d’orientation des infrastructures sont d’accord avec nous », commente-t-elle, tout en donnant un tract à un curieux. Au total, le projet pourrait coûter environ 27 milliards d’euros contre les 14 milliards prévus initialement. Or, avec ça « on peut isoler toutes les maisons, donner gratuitement un vélo électrique à tout le monde… », résume la militante.

Le long des quais, non loin de la place des Quinconces, un bateau de croisière est amarré. L’occasion rêvée pour les manifestants de pointer du doigt un mode de transport polluant. Certains se placent à proximité et interpellent les croisiéristes qui regardent la mobilisation depuis leurs cabines et leurs coursives. « On est plus chauds ! Plus chauds que le climat ! », s’écrie-t-il dans son porte-voix. Les manifestants l’encouragent et répètent ses paroles le regard planté dans celui des croisiéristes.
D’autres ne sont certes pas militants mais tout aussi préoccupées par les questions environnementales comme Mireille et sa fille Nina qui brandissent toutes deux des pancartes faites à la main pour que « ça circule sur les réseaux sociaux », explique Mireille.